Le contre-solin est la pièce de métal encastrée dans le mur qui recouvre le haut du solin de base et empêche l’eau de passer derrière. Quand il lâche, l’infiltration n’apparaît presque jamais au bon endroit, ce qui explique pourquoi tant de fuites de jonction mur et toit sont diagnostiquées trop tard.
Points clés
- Un solin de jonction fonctionne toujours en deux parties : un solin de base posé avec la couverture et un contre-solin ancré dans le mur.
- Le Code de construction du Québec exige que le contre-solin soit encastré d’au moins 25 mm dans la maçonnerie.
- Il doit couvrir la maçonnerie sur au moins 150 mm de hauteur et recouvrir le solin de base d’au moins 100 mm.
- Les éléments posés dans le sens de la pente se recouvrent d’au moins 75 mm, tant pour le solin de base que pour le contre-solin.
- Épaisseurs minimales des solins métalliques : 0,33 mm pour l’acier galvanisé et le cuivre, 0,48 mm pour l’aluminium, 0,35 mm pour le zinc.
- Un solin de noue à découvert exige une tôle d’au moins 600 mm de largeur.
- Le calfeutrage n’est pas un contre-solin : il scelle un joint déjà correctement conçu, il ne le remplace pas.

Contre-solin gravé dans le mortier, recouvrant le solin de base à gradins.
À quoi sert vraiment un contre-solin
Sur une toiture en pente, la jonction avec un mur, une cheminée ou un parapet est le point faible naturel. Le solin de base suit le plan du toit et remonte sur le mur. S’il s’arrêtait là, l’eau ruisselant sur le parement finirait derrière lui. Le contre-solin descend du mur et chevauche cette remontée, de sorte que chaque goutte est renvoyée vers la surface de la couverture.
C’est un principe de recouvrement gravitaire, pas d’étanchéité chimique. Un joint bien conçu reste étanche même si le scellant vieillit, parce que la géométrie fait le travail. C’est la raison pour laquelle un solin contre un mur mal encastré finit toujours par couler, même refait au calfeutrage chaque année.
Ce que le Code impose à la jonction d’un toit et d’un mur
Les exigences se trouvent dans la sous-section sur les solins de jonction du chapitre Bâtiment. Un solin doit être mis en œuvre à la jonction entre le toit et les murs qui s’élèvent au-dessus de lui. Pour un toit en bardeaux rencontrant une maçonnerie, la jonction est protégée par un solin de base et un contre-solin, ce dernier encastré d’au moins 25 mm dans la maçonnerie, couvrant celle-ci sur au moins 150 mm et recouvrant le solin de base d’au moins 100 mm.
Sur un mur qui n’est pas en maçonnerie, la logique change : le solin mur se prolonge d’au moins 75 mm sous le papier de revêtement et d’au moins 75 mm du côté de la couverture, et les éléments posés en gradins se recouvrent d’au moins 75 mm. Sur un toit à étanchéité multicouche, une chanlatte est posée à la jonction et la membrane remonte d’au moins 150 mm le long du mur.
Ces valeurs paraissent minces sur un plan. Sur un chantier de Montréal, elles font la différence entre une réfection qui tient vingt ans et une reprise dans trois hivers.

Les valeurs minimales à vérifier sur une jonction de toit et de mur de maçonnerie.
Les matériaux, leur conception et leur épaisseur minimale
Le Code fixe une épaisseur minimale par métal. L’acier galvanisé et le cuivre descendent à 0,33 mm, le zinc à 0,35 mm, l’aluminium à 0,48 mm, le plomb à 1,73 mm. Ce sont des planchers, pas des recommandations de conception. Sur un toit plat, la même logique s’applique à la relève de membrane et à sa protection métallique.
En pratique, le choix des matériaux suit trois critères : la compatibilité galvanique avec la couverture et avec les attaches, la tenue au sel de déglaçage, et l’aspect. Un contre-solin d’aluminium contre une couverture d’acier prépeint fonctionne bien à condition d’isoler les contacts. Le cuivre reste le choix des bâtiments patrimoniaux du Plateau et du Vieux-Montréal, où le remplacement à l’identique s’impose.
Les produits préfabriqués existent pour les cas courants, mais la plupart des jonctions de duplex montréalais demandent une pièce pliée sur mesure en ferblanterie, parce que la maçonnerie n’est jamais parfaitement d’aplomb.
Cheminée, puits de lumière et autres pénétrations
La cheminée est le cas le plus exigeant. Elle réunit un solin de base à gradins, un contre-solin encastré sur les quatre faces et, si sa largeur dépasse 750 mm, un dos-d’âne du côté amont qui divise l’écoulement. L’ensemble doit être traité comme un assemblage, jamais comme quatre pièces indépendantes.
Le solin de puits de lumière obéit à la même logique. Un puits de lumière arrive habituellement avec sa trousse de solins du fabricant, dimensionnée en pouces pour son cadre exact, et la conception de ce raccord est déjà validée en usine. Le piège est de mélanger la trousse et des pièces improvisées : le recouvrement prévu par le fabricant est alors rompu, et l’infiltration se déclare au coin amont. Les solins de toit d’évents de plomberie, eux, vieillissent surtout par leur collerette de caoutchouc, à vérifier à chaque inspection.
Les étapes d’une installation conforme
Le montage suit toujours le même ordre, quel que soit le toit.
Première étape, le tracé de l’engravure dans le mortier, à environ un pouce de profondeur, réalisé à la scie et non au ciseau. Deuxième étape, la pose du solin de base avec la couverture, en bardeaux à gradins ou en membrane relevée sur un toit plat. Troisième étape, l’insertion du contre-solin plié dans l’engravure, calé mécaniquement, puis scellé. Les clous et les vis restent au-dessus de la ligne d’eau, jamais dans la partie exposée, pour ne pas créer de trous là où l’eau ruisselle.
Une installation soignée se juge aux détails : coins pliés plutôt que coupés, chevauchement des matériaux respecté sur toute la longueur, joints de dilatation prévus sur les grandes développées. La fiche technique du fabricant de la couverture précise les travaux compatibles avec sa garantie, et c’est elle qui tranche quand le détail n’est pas décrit au Code.
Ce type de montage relève d’entrepreneurs en couverture licenciés. Une réparation partielle reste possible sur une pièce isolée, mais dès qu’un versant complet est touché, la reprise se planifie avec le reste de la couverture. Sur les évents de plomberie, chaque event reçoit sa propre collerette, et le grillage de gouttière ne doit jamais s’appuyer sur le solin en aval.

Sur toit plat, la membrane relevée est protégée par un contre-solin continu.
Reconnaître un contre-solin en fin de vie
Quelques signes ne trompent pas. Une bande de scellant noir craquelée sur toute la longueur du mur signale qu’on a déjà tenté de sauver un joint défaillant. Un contre-solin simplement appuyé sur la brique, sans trait de scie ni engravure, n’a jamais respecté l’encastrement de 25 mm. Une pièce ondulée ou décollée indique une dilatation non maîtrisée.
À l’intérieur, les dommages apparaissent souvent loin du point d’entrée : auréole en haut d’un mur, peinture cloquée à un joint de plafond, odeur d’humidité dans l’entretoit. Notre article sur un toit qui fuit et les gestes immédiats couvre la marche à suivre avant l’intervention, et le bilan de santé d’une toiture explique comment ces points sont inspectés.
Quand le doute persiste sur le trajet de l’eau, la thermographie de toiture et d’entretoit permet de localiser la zone humide sans ouvrir le plafond.
Réfection : reprendre le solin ou seulement le contre-solin
Lors d’une réfection de couverture, la bonne pratique consiste à installer un solin de base neuf sous le contre-solin métallique existant lorsque celui-ci est sain et correctement engravé. Si l’engravure est absente, si la brique s’effrite ou si le mortier est ouvert, l’installation du contre-solin doit être refaite en même temps que la maçonnerie, sinon la nouvelle couverture s’appuie sur un joint condamné.
Deux corps de métier se croisent ici, le couvreur et le maçon. Faire coïncider les deux interventions coûte moins cher que de rouvrir la jonction un an plus tard. La Régie du bâtiment du Québec rappelle que ces travaux relèvent d’un entrepreneur titulaire d’une licence appropriée. Pour un projet de planification d’entretien de toiture, la vérification annuelle des jonctions est le poste le plus rentable du calendrier d’entretien. Le prix d’une reprise de jonction reste sans commune mesure avec celui des dommages causés par une infiltration laissée un an de plus.
Ce qui fait varier le prix et la durée d’une réfection de jonction
Deux toits de la même surface ne demandent pas le même travail. Le nombre de jonctions compte davantage que la superficie : une maison avec deux cheminées, trois puits de lumière et un mur mitoyen concentre plus de risques qu’un grand versant nu. Le prix d’une reprise suit donc le nombre de mètres linéaires de solins, l’état du mortier, l’accès à la place de travail et le métal retenu, l’aluminium restant plus abordable que le cuivre à développée égale.
La pente influence aussi les ressources nécessaires. Sous 4 pouces par pied, le travail se fait à plat avec un ancrage simple; au-delà, il faut des dispositifs de protection contre les chutes et un échafaudage, ce qui allonge la durée du chantier. Les entrepreneurs sérieux détaillent ces postes dans leur soumission plutôt que de donner un montant global.
Demandez la fiche technique des produits proposés et le détail du montage : type de solin à gradins, épaisseur du produit, mode d’ancrage, traitement des trous existants, membrane d’étanchéité auto-adhésive sous la remontée. Si un grillage de gouttière ou un dispositif de retenue de neige se trouve à proximité, sa dépose et sa repose font partie de la réparation, pas d’un extra découvert en cours de route.
Une jonction bien conçue au départ coûte moins cher que la meilleure des reprises. C’est le principe de conception à retenir : on paie une fois pour la géométrie, ou chaque année pour du scellant et des dommages intérieurs.
Un contre-solin mal posé se voit à l’intérieur avant de se voir sur le toit
On inspecte la jonction mur-toiture, on mesure l’encastrement et le recouvrement réels, puis on refait le solin selon les cotes du Code. Résidentiel, commercial ou institutionnel, partout à Montréal.
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Questions fréquentes sur les contre-solins
Quelle est la différence entre un solin et un contre-solin ?
Le solin de base est posé avec la couverture et remonte sur le mur. Le contre-solin part du mur et redescend par-dessus, avec un recouvrement d’au moins 100 mm sur la maçonnerie. Ensemble, ils forment un joint étanche par gravité.
Peut-on réparer un contre-solin au calfeutrage ?
Le scellant sert de mesure temporaire pour passer un hiver. Il ne corrige jamais un défaut de recouvrement ou une absence d’encastrement, et il masque le problème le temps que l’eau atteigne le support de bois.
À quelle fréquence inspecter les jonctions ?
Une fois par année, idéalement à l’automne, et après tout épisode de vent fort ou de grêle. L’inspection porte sur le scellant, l’ancrage, la déformation du métal et l’état du mortier autour de l’engravure.
Un contre-solin d'aluminium peut-il toucher une couverture d'acier ?
Le contact direct entre métaux différents accélère la corrosion. On sépare les pièces par une membrane ou une attache compatible, ou on choisit le même métal pour toute la jonction.
Le contre-solin est-il exigé partout ?
Le Code exige un solin aux jonctions entre le toit et les murs qui s’élèvent au-dessus de lui, sauf si son absence n’altère pas l’intégrité des constructions adjacentes. Sur une jonction en maçonnerie, la paire solin de base et contre-solin est la solution prescrite.




